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L’animateur part à la recherche de la fillette. Il prend la direction des toilettes pour enfants. Rien. Puis des adultes. C’est là qu’elle est retrouvée.

Alerté, le directeur du centre de loisirs prévient en urgence la gendarmerie et les parents de la fillette. En confiance auprès de sa maman et d’une animatrice, l’enfant se confie et dit « avoir touché le zizi dur et grand d’un garçon, qui a fait pipi tout blanc », retrace la présidente du tribunal de Dax, Laure Vuitton.

« Je ne sais pas pourquoi »

Le mis en cause, un Landais aujourd’hui âgé de 21 ans, comparaissait jeudi 27 mars 2025, trois ans après les faits, qu’il reconnaît, pour aggression sexuelle avec violence sur mineur. « Au moment de prendre la main de la petite, je suis devenu une autre personne, ce n’était pas moi dans mon corps », s’était-il initialement dédouané en garde à vue.

Devant le tribunal, son discours a évolué : « Je reconnais totalement ce que j’ai fait. J’ai compris avec ma psychologue que j’étais dans un déni, que c’est ma responsabilité. J’avais senti une excitation que je n’avais pas ressentie avant et que je n’ai pas ressentie depuis », exprime-t-il.

Le tribunal se glace de silence. « Je ne sais pas expliquer, c’est horrible. » Pourquoi cette enfant, à qui il avait été vu en train de faire « des bisous dans le cou » quelques instants auparavant selon les témoignages, était, comme il dit, sa « chouchoute » ?, tente d’éclaircir le tribunal. « On se ressemblait, elle avait une sympathie qui me faisait penser à moi. » La réponse apparaît particulièrement insupportable pour la famille.

Que s’est-il passé dans l’enfermement des toilettes ?, demandent ensuite les magistrats. « Je lui ai pris la main pour la poser (sur son sexe, NDLR), elle a immédiatement relâché, je n’ai pas insisté. »

« Comment était la petite pendant que vous vous masturbiez ? ». « Elle était figée, n’arrivait pas à bouger », répond le prévenu.

« À votre avis, que peuvent ressentir la victime et les parents ? », interroge la procureure Céline Bucau. « Du dégoût envers moi, c‘est normal, je m’en excuse, je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça. »

« Prévenir la récidive »

Pourquoi avoir choisi un stage dans un centre de loisirs alors qu’il n’y avait aucun lien avec la formation suivie à l’époque ?, s’inquiète une autre magistrate, au vu du passé du prévenu, qui avait fait l’objet en 2020 d’une plainte, classée sans suite, pour s’être masturbé dans un cinéma de Gironde.

Comment explique-t-il aussi les conversations sur Snapchat, découvertes lors de l’enquête, dans lesquelles il demandait des photos de nues à des adolescentes âgées d’une petite dizaine d’années ? Sa réponse de déni, suggérant avoir été piraté alors qu’aucun élément n’accrédite cette thèse, inquiète le ministère public, qui requiert un an de prison et trois ans de suivi socio-judiciaire.

Des réquisitions suivies par le tribunal, qui « veut marquer la gravité des faits et souhaite prévenir la récidive ». La peine de prison est aménagée sous forme d’une surveillance électronique à domicile. Le condamné, dont le nom sera inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes, a interdiction définitive de travailler avec des mineurs, une obligation de travail, de soins notamment.

« J’ai encore besoin d’avoir des réponses et de me soigner », avait de lui-même expliqué le Landais, employé dans un service de restauration. Pour ses derniers mots à la barre, il a, en pleurs, imploré « le pardon » à la famille de la victime et à sa famille à lui, bouleversée par les faits.

Présents au tribunal, les parents de l’enfant ont préféré le silence. « Mes mots ne seraient pas appropriés », a seulement glissé le père, qui a observé le comportement de l’agresseur de sa fille pendant les trois heures d’audience. La mère semblait avoir le regard perdu. Dans l’attente du délibéré, elle s’est effondrée.

Alors qu’elle devrait profiter de ses mercredis avec l’innocence de l’enfance, la fillette suit des « séances de psychologie », a souligné Me Lonné, avocat des parties civiles lors de sa plaidoirie. Il se tourne vers l’agresseur : « Ça fait partie des conséquences que vous lui avez imposées ».

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